S’agissant de DSK et « d’une
bande de trois beaufs friqués machistes amateurs de soirées cul » (sic ) , Frédéric Ploquin pose dans Marianne du 26 mai au 1er juin 2012 la question : « Affaire
DSK : les juges en font-ils trop « ? et s’inquiète d’un possible glissement du droit vers la morale.
Il faut tout d’abord rappeler ce que les conseillers en com’ de DSK ont fait de lui durant de longues semaines précédant la malheureuse affaire du Sofitel de New York. C’était le meilleur économiste de la planète et le meilleur candidat en mesure de battre Sarkosy. Les nombreux magasines le montraient complaisamment dans sa cuisine, cuisant lui-même ses tourne-dos, Anne Sinclair en bonne ménagère exemplaire touillant la salade, Bref, c’était l’homme ( le couple) de l’année, il se préparait à se faire élire Président de la République. On ne doutait plus de sa prochaine réussite, on se félicitait de ses remarquables compétences bientôt mises au service du pays.
Et dès son retour en France après la mésaventure du Sofitel, mobilisation encore des medias pour sa rentrée presque triomphale et sa confession publique. Alors, à cette époque, les medias en faisaient-ils trop ?
A tant s’exposer ainsi et si longtemps en exploitant la fibre « people» et en captant par medias interposés l’intérêt, voire l’adhésion du public, comment ensuite se plaindre d’être devenu la proie de la curiosité publique et la cible implacable des autorités judiciaires lorsque surgissent des affaires scabreuses ? D’autant qu’il s’agit d’affaires où paraissent liés un ancien prétendant à la fonction suprême, de hauts responsables de la police et un personnage pour le moins sulfureux.
Et en l’occurrence, Frédéric Ploquin parle de morale en des formules qui évoquent implicitement l’ordre moral.
S’agissant de morale, on dirait plutôt d’éthique, quoi de plus naturel quand on veut représenter la France, et servir de référence aux citoyens ? Et on rappellera que, comme le dit le philosophe André Comte-Sponville citant Alain, « la morale n’est jamais pour le voisin », alors que l’ordre moral s’occupe de la morale du voisin. La justice est donc fondée à demander à DSK quelle morale, on entend quelle éthique peut guider un prétendant à la fonction ,présidentielle.
Au demeurant, un peu de fiction. DSK étant président de la République, comment présiderait-il un conseil des ministres discutant d’un projet de loi sur le harcèlement sexuel ? Ou un autre sur le droit des femmes de disposer librement de leur corps ?
Donc, à DSK personnalité publique longtemps magnifiée, traitement sans concessions ni faiblesses et sans tabous. Il a eu tous les honneurs, pour lui désormais la rigueur.
L’Europe est LE DILEMME. C’est à la fois un leurre et une
nécessité.
Lorsqu’elle a accédé au pouvoir en 2007, la droite
avait revendiqué d’avoir à sa disposition une majorité au Parlement afin disait-elle de réaliser dans la clarté son programme de gouvernement, ce qui à l’évidence paraissait logique. Elle
détenait déjà la majorité au Sénat. Les élections législatives ont complété le tableau ; la droite détenait tous les pouvoirs : la présidence de la République, la majorité à l’Assemblée
Nationale et au Sénat, et donc le gouvernement. Tout lui paraissait normal. Et cela lui a même donné une certaine arrogance.
Le
1er mai 2012, le candidat Sarkosy veut célébrer le « vrai travail ». Les syndicats et leurs adhérents célèbreraient donc un faux travail ? Qu’est-ce ? Il était même
d’abord question de vrais travailleurs, comme s’il y avait de faux travailleurs. Au demeurant, il y a eu des assistés contre les « ceusses » qui se lèvent tôt, les faux chômeurs et les
tricheurs au RMI ou RSA contre les « ceusses »qui travaillent plus pour gagner plus, mais ces derniers ont disparu du panorama, perdant plutôt plus, Bref il y a une France des
méritants, évidemment ses partisans, contre les autres qui ne croient plus aux belles promesses de celui qui devait aller "chercher la croissance avec les dents". Le pauvre, depuis, il a du se
faire faire un solide dentier de remplacement.
A force de chercher à
récupérer les thèmes de l’extrême droite les plus éloignés des valeurs républicaines afin de capter les voix de ses électeurs, M. Sarkosy a rendu ce courant plus convenable aux citoyens les plus
frappés par la crise et a décomplexé leur adhésion à ses slogans. Ne dit-on pas que l’original parait préférable à la copie ? Il porte de la sorte la responsabilité entière de la montée
inquiétante de ce courant de pensée dans la République que l’on voudrait pourtant rassembleuse et tolérante.