Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 14:08

 

28278_Blind_Mans_Buff_f.jpgS’agissant de DSK et « d’une bande de trois beaufs friqués machistes amateurs de soirées cul » (sic ) , Frédéric Ploquin pose dans Marianne du 26 mai au 1er juin 2012 la question : « Affaire DSK : les juges en font-ils trop « ? et s’inquiète d’un possible glissement du droit vers la morale.

Il faut tout d’abord rappeler ce que les conseillers en com’ de DSK ont fait de lui durant de longues semaines précédant la malheureuse affaire du Sofitel de New York. C’était le meilleur économiste de la planète et le meilleur candidat en mesure de battre Sarkosy. Les nombreux magasines le montraient complaisamment dans sa cuisine, cuisant lui-même ses tourne-dos, Anne Sinclair en bonne ménagère exemplaire touillant la salade, Bref, c’était l’homme ( le couple) de l’année, il se préparait à se faire élire Président de la République. On ne doutait plus de sa prochaine réussite, on se félicitait de ses remarquables compétences bientôt mises au service du pays.

Et dès son retour en France après la mésaventure du Sofitel,  mobilisation encore des medias pour sa rentrée presque triomphale et sa confession publique. Alors, à cette époque, les medias en faisaient-ils trop ?

A tant s’exposer ainsi et si longtemps en exploitant la fibre « people» et en captant par medias interposés l’intérêt, voire l’adhésion du public, comment ensuite se plaindre d’être devenu la proie de la curiosité publique et la cible implacable des autorités judiciaires lorsque surgissent des affaires scabreuses ? D’autant qu’il s’agit d’affaires où paraissent liés un ancien prétendant à la fonction suprême, de hauts responsables de la police et un personnage pour le moins sulfureux.

Et en l’occurrence, Frédéric Ploquin parle de morale en des formules qui évoquent implicitement l’ordre moral.

S’agissant de morale, on dirait plutôt d’éthique, quoi de plus naturel quand on veut représenter la France, et servir de référence aux citoyens ? Et on rappellera que, comme le dit le philosophe André Comte-Sponville citant Alain, « la morale n’est jamais pour le voisin », alors que l’ordre moral s’occupe de la morale du voisin. La justice est donc fondée à demander à DSK quelle morale, on entend quelle éthique peut guider un prétendant à la fonction ,présidentielle.

Au demeurant, un peu de fiction. DSK étant président de la République, comment présiderait-il un conseil des ministres discutant d’un projet de loi sur le harcèlement sexuel ? Ou un autre sur le droit des femmes de disposer librement de leur corps ?

Donc, à DSK personnalité publique longtemps magnifiée, traitement sans concessions ni faiblesses et sans tabous. Il a eu tous les honneurs, pour lui désormais la rigueur.

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 09:39

 

europe_flags.jpgL’Europe est LE DILEMME. C’est à la fois un leurre et une nécessité.

Un leurre, j’ai dit ailleurs de mon point de vue pourquoi (voir « De l’Europe »). Les réactions des peuples et des gouvernants qui la composent face à la crise grecque le démontrent suffisamment. Les Allemands qui ont affronté seuls les sacrifices imposés par leur réunification ne comprennent pas que la Grêce ne résolve pas elle-même son problème. Les Français qui attendent de leurs pouvoirs publics une lutte plus efficace contre la fraude fiscale n’acceptent pas de subir les conséquences du laisser-aller grec en la matière. Etc ...Et il en va ainsi du repli nationaliste des autres peuples européens dans la crise que nous traversons.

Et pourtant, l’Europe semble une nécessité au moins sur le plan économique. Devant les géants économiques que sont les Etats-Unis et la Chine, voire les pays émergents tels le Brésil et l’Inde, que pèsent désormais la France, le Royaume Uni ou l’Espagne par exemple ?

Mais pour que les peuples finissent par se penser européens et par réagir comme tels, encore faudrait-il que leurs gouvernants leur offrent des perspectives ou des projets autrement plus enthousiasmants que la délocalisation des entreprises ou le moins disant social. Nous sommes encore loin du compte. Et ce n’est pas en répétant « Europe, Europe, Europe en sautant sur sa chaise comme un cabri » (De Gaulle dixit) qu’on entrainera l’adhésion ou la conviction des peuples. Se diviser sur les inconvénients ou les méfaits que la crise grecque fait subir à ses  différents partenaires au lieu de se demander ensemble ce qu’il convient de faire pour sortir l’Europe de l’ornière ne résout pas le problème et démontre encore plus efficacement que pour l’heure en tous cas, l’Europe est un leurre. On subodore qu'en cherchant à sortir ensemble la Grêce de son marasme, chacun en supportrera peu ou prou les conséquences. Mais on sait aussi que si la Grêce sombre à défaut de solidariuté européenne, ce sont tous les autres partenaires qui par un effet de domino s'effondreront successivcement à leur tour.

Jadis au XVè siècle, tandis que les Seldjoukides étaient à leurs portes, les Byzantins se disputaient sur le sexe des Anges.

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 20:06

 

200410109-001.jpgLorsqu’elle a accédé au pouvoir en 2007, la droite avait revendiqué d’avoir à sa disposition une majorité au Parlement afin disait-elle de réaliser dans la clarté son programme de gouvernement, ce qui à l’évidence paraissait logique. Elle détenait déjà la majorité au Sénat. Les élections législatives ont complété le tableau ; la droite détenait tous les pouvoirs : la présidence de la République, la majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et donc le gouvernement. Tout lui paraissait normal. Et cela lui a même donné une certaine arrogance.

Lors des élections sénatoriales de 2011, le changement de majorité apparaissant pour une fois possible, voire probable, la droite, et notamment M.Raffarin sonnait tout à coup  le tocsin,  A les entendre les uns après les autres, la situation politique risquait de ce fait de devenir instable, voire dangereuse pour le pays. Voilà que pour un changement démocratique au Sénat, qui ne détient pourtant même pas le droit de censure, et alors que la droite détenait le pouvoir exécutif et contrôlait le pouvoir législatif, c’était le chaos !

Puis vinrent en 2012 les élections présidentielles suivies des élections législatives. Que n’a-t-on pas entendu ! Le candidat de la gauche était incompétent, inexpérimenté, voire illégitime. Le président sortant le traitait de menteur, d’incapable, bref, n’était avare d’aucune outrance, lui qui maniait le mensonge et la contre vérité sans vergogne. Il aurait été présent devant la chute du mur de Berlin, à Fukushima lors du Tsunami, il n’aurait jamais assisté au banquet du premier cercle des bienfaiteurs de l’UMP alors qu’une photo l’atteste, il aurait volontiers accepté la proposition des journalistes d’organiser trois débats devant François Hollande, alors qu’en réalité c’est lui qui voulait les imposer. Bref plus c’est gros et plus, croît-il, ça passe !

Le peuple s'est prononcé, c'est François Hollanbde qui fut élu président de la république.

Et enfin, les élections législatives s’annonçant en 2012 périlleuses pour la droite, ses ténors battent la campagne pour affirmer qu’il est nécessaire de créer un équilibre en lui donnant une majorité à l’Assemblée Nationale. Les voilà qui passés dans l’opposition découvrent les mérites d’une éventuelle cohabitation.

Décidément, ces petits marquis sont incorrigibles. Le pouvoir leur revient de droit, il est leur propriété inaliénable.. La gauche ne le conquiert que par usurpation ou par effraction (M.Baroin dixit).

Eh bien messieurs, il faudra vous y faire. Le peuple est souverain, il désigne librement ceux qui portent ses espoirs et ses attentes, il congédie aussi librement ceux qui ont démérité, et c’est cela la démocratie. Il faudra bien apprendre à être bons perdants.

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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 18:48

le-1-er-mai-chome-une-idee-americaineLe 1er mai 2012, le candidat Sarkosy veut célébrer le « vrai travail ». Les syndicats et leurs adhérents célèbreraient donc un faux travail ? Qu’est-ce ? Il était même d’abord question de vrais travailleurs, comme s’il y avait de faux travailleurs. Au demeurant, il y a eu des assistés contre les « ceusses » qui se lèvent tôt, les faux chômeurs et les tricheurs au RMI ou RSA contre les « ceusses »qui travaillent plus pour gagner plus, mais ces derniers ont disparu du panorama, perdant plutôt plus, Bref il y a une France des méritants, évidemment ses partisans, contre les autres qui ne croient plus aux belles promesses de celui qui devait aller "chercher la croissance avec les dents". Le pauvre, depuis, il a du se faire faire un solide dentier de remplacement.

Plus sérieusement, on se souvient qu’il fut un temps où on opposait les « vrais Français" ou les "bons Français" contre « l’anti-France », les corporations des métiers contre les syndicats. Est-ce bien la fonction d’un président de tous les Français d’opposer ainsi les citoyens les uns contre les autres, et au moment où la solidarité et l’entraide devraient être les vertus cardinales d’un peuple malmené par les méfaits de la spéculation et de la finance folle ?

 

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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 10:22

 

lessiveuse-wm16s893fg-siemens.jpg A force de chercher à récupérer les thèmes de l’extrême droite les plus éloignés des valeurs républicaines afin de capter les voix de ses électeurs, M. Sarkosy a rendu ce courant plus convenable aux citoyens les plus frappés par la crise et a décomplexé leur adhésion à ses slogans. Ne dit-on pas que l’original parait préférable à la copie ? Il porte de la sorte la responsabilité entière de la montée inquiétante de ce courant de pensée dans la République que l’on voudrait pourtant rassembleuse et tolérante.

L’extrême droite prêche l’exclusion, stigmatisant les immigrés, voire les étrangers en clamant à l’envi la dite « préférence nationale ». Son fondateur, M. Le Pen, amateur de slogans taillés à la serpe, aimait à déclarer qu’il « préférait (sa) sœur à (sa) cousine, (sa) cousine à (sa) voisine et (sa) voisine à l’étrangère ». Cherchant à plaire aux électeurs du FN, M.Sarkosy de son côté a ciblé les Roms et les immigrés dits clandestins, mettant en scène les expulsions souvent aveugles. faisant à l’occasion appréhender leurs enfants à la sortie de l’école.

Entretenant la confusion entre islam et islamisme radical, le FN a concentré ses attaques contre certaines dérives ou pratiques certes discutables. Lui courant derrière, l’UMP s’est empressée de faire des prières dans les rues et de la  viande hallal des questions primordiales dans sa campagne électorale. Après avoir courtisé les associations islamiques telles que l’UOIF, elle flirte avec les thèmes de l’extrême droite.

La gauche propose d’accorder dans les élections municipales le droit de vote (et seulement cela) aux étrangers résidant depuis plus de cinq ans dans la commune et y travaillant, considérant qu’y vivant régulièrement, il serait normal qu’ils puissent contribuer à l’organisation de leur cadre de vie. Aussitôt, comme en clin d’œil en direction du FN, la droite cherche à faire croire qu’il s’agit d’accorder aux étrangers, (suivez bien mon regard), le droit de se porter candidats à toutes les élections. Hors de nos frontières, les immigrés, on vous dit !

Et de la sorte, bien des thèmes « frontistes » simplistes ont été banalisés par un tour de passepasse. Et en période de crise, dans l’esprit des plus faibles, principalement ceux qui ont le plus à souffrir de ses conséquences, la confusion et la rancœur s’insinuent et les poussent à chercher des boucs émissaires. Voulant démontrer qu’elle « lave plus blanc que le FN », l’UMP a de la sorte servi de « blanchisseuse » aux slogans les plus détestables. Le recyclage ayant été assuré, le FN n’avait plus qu’à ramasser la mise. Il reste à souhaiter que la campagne de Hollande aidant, les républicains se réveillent et sortent de ce mauvais cauchemar. La crise est ravageuse notamment pour les plus faibles, elle entraine chez eux colère et révolte légitimes, mais trompés par  l’extrême droite et parfois la droite prompte à faire oublier son bilan calamiteux, ils se trompent de cible et de remède.

Par roger.rossi.over-blog.com
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